Les vitamines

On distingue les vitamines pour chevaux liposolubles (présentes et solubles dans les graisses), pour lesquelles les besoins semblent à peu près bien précisés, des vitamines hydrosolubles (solubles dans l’eau) dont les exigences restent hypothétiques.

La plupart des vitamines doivent être apportées par la ration, le cheval n’étant pas capable de synthétiser, d’élaborer en lui les vitamines exceptés les B, C et D.

Les vitamines sont indispensables à l’entretien de l’organisme, la croissance et la reproduction.
Toutes les vitamines pour chevaux sont apportées par l’alimentation pour autant qu’elle soit fraîche, de qualité et en quantité voulue.

Le vieillissement, le stress, la préparation aux épreuves sportives, le travail au quotidien, la maladie , la prise d’antibiotique, l’inflammation, un déficit alimentaire sont des facteurs qui peuvent produire des insuffisances vitaminées (B et K, par exemple) produites par la flore intestinale. C’est ce qu’on appelle les avitaminoses.

Toutefois, l’hypervitaminose peut-être également dangereuse et engendrer des troubles du métabolisme. Il est toutefois peut efficace d’administrer les vitamines sans apport des éléments nutritifs (minéraux et acides aminés) qu’elles contrôlent et qui leur permettent d’agir.
A titre d’exemple, la vitamine D fonctionne avec le calcium et le phosphore, la vitamine H avec le zinc.

Il est donc vivement conseillé de bien doser les apports journaliers afin que ceux-ci soient à la fois complets et bien équilibrés.

Vitamine AElle existe à l’état naturel sous forme de provitamine A (le précurseur de la vitamine A) dans le blé, les carottes. Ces provitamines A (essentiellement le carotène) sont transformées en vitamine A par les bactéries du tube digestif ainsi que par le foie où elle est en partie stockée.
Les fourrages verts, la farine de luzerne, l’ensilage de l’herbe sont une excellente source de vitamine A. Toutefois, elle se dégrade à raison de 10 % par mois. Elle est très vite dégradée lors du jaunissement du foin et le cheval utilise mal le carotène présent dans les graminées.

La vitamine A joue un rôle important dans la digestion et l’absorption du sodium, du calcium, du phosphore et de l’azote.

Elle est associée au zinc lors de la synthèse des protéines et de la protection des épithéliums (cutanés, pulmonaires, vasculaires, glandulaires, à titre d’exemple), mais aussi à la vitamine D dont elle renforce l’action. Les apports en vitamine A doivent être de 5 à 10 fois supérieurs à la vitamine D. La vitamine A stimule également l’apparition des chaleurs, l’ovulation et la nidation. Les carences se rencontrent surtout en hiver (février – mars), quand les réserves hépatiques sont faibles et que les teneurs du fourrage sont au plus bas. Toutefois lors de périodes estivales très chaudes, ensoleillées et sèches les teneurs en vitamine A du fourrage peuvent être insuffisantes car la vitamine A supporte mal la chaleur, elle est thermolabile. Dans ces conditions, une supplémentation est alors conseillée.

La vitamine A joue également un rôle important dans la vision et le métabolisme des hormones sexuelles via la glande tyroïde.
Chez le poulain, pendant la gestation, elle ne traverse pas la barrière placentaire, mais est présente dans le colostrum.

La quantité de vitamine A est exprimée en UI (Unités Internationales).
1mg de vitamine A = 3333 UI.

L’apport journalier recommandé est de 15 mg (50.000 UI)/500 kilos.
40 à 50.000 UI supplémentaires sont conseillés aux juments pendant l’hiver ainsi que pendant la période de lactation.

L’excès :

La dose maximale journalière recommandée de vitamine A est de 20000 à 30000 UI/kilo, un excès pouvant provoquer une fragilité osseuse, une carence en vitamine E et des troubles de la coagulation.

Ses interactions favorables :

La vitamine A améliore la biodisponibilité de la vitamine E, du phosphore et de la choline. Elle facilite l’absorption du calcium, du zinc et permet la mobilisation des réserves du fer, tout en favorisant l’utilisation de la vitamine D.

vitamines BLes vitamines B forment un groupe de huit vitamines jouant un rôle important dans le métabolisme cellulaire.
A l’état naturel on les retrouve dans les fruits, la levure de bière, le germe de céréales ainsi que dans le lait.
Leurs rôles sont multiples mais elles sont toutes impliquées dans les différents facteurs de croissance. Elles ne sont pas stockées par l’organisme hormis la B3 et la B12 et ce en toutes petites quantités. Il est donc impératif de pouvoir profiter d’un apport au quotidien.

Leurs interactions favorables :

Les vitamines du groupe B potentialisent la biodisponibilité de toutes les vitamines B, de la vitamine E, de la choline, ainsi que du soufre. Elles sont nécessaires à l’absorption du fer et à la croissance de la flore intestinale. Enfin elles contribuent à préserver les réserves de la vitamine A

Vitamine-B1La vitamine B1 favorise la libération de l’énergie car elle est indispensable à la transformation des sucres (glucides) et est nécessaire au bon fonctionnement du système nerveux (élimination des déchets) ainsi que de la contraction musculaire. Associée à la vitamine B12 elle produit un effet calmant.

Avec la vitamine C elle joue un rôle préventif contre la myoglobinurie. La myoglobinurie survient généralement chez un cheval remis brutalement au travail après un jour ou plus de repos à l’écurie alors que sa ration alimentaire n’a pas été adaptée. Cette affection touche les cellules musculaires qui éclatent, libérant dans le sang la myoglobine, laquelle est une toxine. Les muscles sont douloureux et contractés. Ce sont ceux du dos et de la croupe qui sont les plus touchés. Il suffit de les palper pour s’apercevoir qu’ils sont durs et très sensibles au toucher.

Apport journalier :

L’apport journalier recommandé est de 50 mg à 100 mg/500 kilos.

Carence :

Les carences en vitamines B1 se manifestent par de la fatigue, une perte d’appétit, un amaigrissement, de la constipation, un pelage terne, des troubles circulatoires, nerveux et cardiaques.

Excès :

Vitamine non toxique à forte dose.

La vitamine B2 intervient dans la production d’énergie, le métabolisme des glucides, des protéines et des lipides. Tout comme la vitamine A, elle agit sur la vision, la santé de la peau et des muqueuses.
Elle active des vitamines B6 et B9. Elle intervient également dans la régularisation thermique en augmentant la résistance thermique de l’organisme au froid. Elle peut prévenir l’apparition de la conjonctivite.

Apport journalier :

L’apport journalier recommandé est de 50 mg à 100 mg/500 kilos.

Carence :

La carence en vitamine B2 entraine des affections des yeux, de la peau, ainsi que gastro-intestinales (ulcères digestifs). La carence occasionne également des réactions inflammatoires des lèvres et de la langue.
Une anorexie est parfois constatée ainsi que l’absence de chaleur (anoestrus).

Excès :

Vitamine non toxique à forte dose.

Vitamine B3La vitamine B3 intervient dans la synthèse des hormones sexuelles, le métabolisme des glucides, des protéines et des lipides ainsi que dans la production des globules rouges.

Elle est aussi appelée vitamine PP pour pellagra preventive car une carence en cette vitamine est responsable de la pellagre. La pellagre se manifeste par des dermatites (maladie de peau), des diarrhées et dans les cas les plus graves de démences qui, sans traitement (apport en vitamine B3), conduit à la mort.

La niacine est une des vitamines les plus stables. Elle résiste à la chaleur, à la lumière, à l’humidité, aux acides et aux bases, ainsi qu’aux agents d’oxydation.

Apport journalier :

L’apport journalier recommandé est de 50 mg à 100 mg/500 kilos.
L’augmentation des teneurs en protéines va de pair avec celle de la niacine et de la leucine. Un excès de tryptophane réduit le besoin en niacine.
Le cheval semble requérir moins de niacine que la plupart des autres espèces animales.

Carence :

Troubles cutanés, neurologiques, digestifs, sanguins. Arrêt de la croissance, faiblesse immunitaire, rhinites.

Excès :

Vitamine non toxique à forte dose.

L’administration à très hautes doses de niacine (supérieures à 350 mg par kg de poids corporel soit 175000 mg/500 kilos) a permis de mettre en évidence une gamme étendue d’effets importants comme l’accroissement du rythme cardiaque, la vitesse de respiration avec paralysie respiratoire, l’engorgement des graisses dans le foie, l’arrêt de croissance et parfois la mort, dans les cas extrêmes.
Ces doses sont évidemment très éloignées de celles que l’on rencontre dans les rations alimentaires Tout excès en niacine est rapidement excrété: 1/3 de la dose dans les 24 heures.

Ses interactions favorables :

La vitamine B3 améliore la biodisponibilité de la proline

Vitamine B5La vitamine B5 intervient dans la synthèse d’hormones et des neurotransmetteurs, la transmission nerveuse, la production des globules rouges, la division des cellules, ainsi que la production d’énergie.
C’est un précurseur métabolique de la coenzyme A, essentielle à la synthèse et au métabolisme des protéines, des glucides et des lipides.
On la trouve en proportions particulièrement concentrées dans les germes et céréales complètes et dans les variétés d’orties piquantes. La gelée royale est le produit naturel connu le plus riche qui soit en vitamine B5.

L’acide folique (vitamine B9) ainsi que la biotine (vitamine H) sont tous les deux nécessaires à l’action de la vitamine B5. La vitamine B5 et la biotine interviennent sur le métabolisme de la niacine (vitamine B3).Une compensation partielle de la déficience en vitamine B5 par l’acide ascorbique (vitamine C) est possible et mérite d’être soulignée.

Apport journalier :

L’apport journalier recommandé est de 50 mg à 100 mg/500 kilos.

Carence :

Les premiers symptômes, observés en cas de déficience, sont identiques à ceux référés pour les autres vitamines B : perte d’appétit et ralentissement de croissance.

La fonction reproductrice peut être également affaiblie. Sur un plan nerveux, on enregistre des mouvements instables. Des perturbations digestives avec ulcération et diarrhée peuvent survenir.

Excès :

Bien que de petites quantités de cette vitamine soient stockées au niveau du cœur, du foie et des reins, tout excès est rapidement excrété (éliminé). Aucun cas de toxicité apparente n’a été signalé, chez l’animal et l’homme, même après administration de doses énormes (1 g/kg de poids corporel soit 500 gr/500 kilos) d’acide pantothénique.

vitamine b6La vitamine B6 favorise le métabolisme des protéines et joue un rôle essentiel dans le système enzymatique. Elle favorise le développement normal des embryons et participe, avec le fer, au renouvellement des globules rouges. Elle joue un rôle essentiel dans la synthèse de l’adrénaline et combat la fatigue musculaire.

Les microorganismes du caecum (première partie du colon) du cheval synthétisent la pyridoxine, le précurseur de la vitamine B6 mais sa résorption sanguine n’est pas complète comme dans les cas des autres vitamines B. Les chevaux doivent donc trouver dans leur ration quotidienne de la vitamine B6. De plus, cette biomolécule ne s’accumule pas et s’élimine dans les 48 heures qui suivent sa résorption.

Apport journalier :

L’apport journalier recommandé est de 50 mg /500 kilos.

Carence :

La vitamine B6 intervient sur énormément de fonctions métaboliques. Une déficience peut engendrer des disfonctionnements métaboliques importants.

Les symptômes sont non spécifiques et ressemblent à ceux qui ont été observés pour les autres vitamines de la famille B : perte d’appétit, diarrhée et ralentissement de la croissance, lassitude, léthargie, perte des défenses immunitaires, dermites, abcès, ulcères.
La formulation sanguine s’en trouve également modifiée.

Ses interactions favorables :

La vitamine B6 améliore la biodisponibilité du magnésium, du potassium et de la tyrosine. De plus elle est nécessaire au métabolisme du zinc et de l’alanine et favorise l’absorption de la lysine.

Excès :

Le surdosage n’a aucun effet.

Tout excès de vitamine B6 est directement éliminé.
Il faudrait administrer des doses largement excédentaires (supérieure à 4 g/kg de poids corporel, soit 2 kilos de vitamines B6/ 500 kg) pour engendrer des problèmes de convulsions.

Vitamine B8(Vitamine H- Biotine-Vitamine B7 chez les anglo-saxons)

La biotine est une coenzyme qui participe au métabolisme des acides gras, des glucides et des acides aminés, ainsi qu’à la biosynthèse des vitamines B9 et B12.

La biotine est une vitamine extrêmement stable.

La biodisponibilité de la biotine dans les produits céréaliers est très faible voire nulle. Le maïs, la farine de soja et les levures séchées (levures de brasserie) font toutefois exception à la règle car la biotine y est totalement bio disponible.

La plupart des publications traitant des besoins vitaminiques pour les chevaux stipulent que des suppléments en biotine ne sont pas nécessaires. La recherche de ces 30 dernières années, a provoqué une certaine confusion en mettant en avant le rôle positif de la biotine dans la prévention et la guérison des sabots endommagés.
Ces lésions ne dépendent pas d’une simple carence en biotine; on sait qu’il faut des quantités importantes de vitamines, d’acides aminés (soufrés), de minéraux (zinc), et de protéines pour durcir la corne du sabot du cheval. La biotine seule ou supplémentée avec du zinc ne suffit pas.
De plus, compte tenu du temps nécessaire à la kératine pour se renouveler, les premiers résultats visibles sont souvent constatés après plusieurs mois.
Alors que la dose optimale de biotine pour le cheval adulte (500 kilos) est de l’ordre de 1 à 2 mg/jour, il faut prévoir des quantités entre 15 et 30 mg/jour pendant 6 à 10 mois dans le traitement de réparation du sabot.
Il a également été mis en évidence, qu’un doublement de la dose journalière (soit 2 à 4 mg) peut provoquer une certaine « excitation » du cheval. Cette hyperactivité peut toutefois se corriger par un complément adéquat en vitamine B12.

Apport journalier :

L’apport journalier recommandé est de 2 mg /500 kilos.

Carence :

Les premiers signes d’une carence en biotine se manifestent par une peau sèche et squameuse, une dermatite galeuse, un ramollissement des tissus durs (comme la corne du sabot).
Une carence plus sévère affecte drastiquement les taux sanguins au niveau des sucres, provoquant ainsi des états d’hypoglycémie et parfois la mort chez les plus jeunes animaux.

Excès :

La biotine ne présente aucune toxicité pour le cheval, même à forte dose. Il est possible toutefois que, chez les jeunes poulains, des doses en biotine supérieures à 100 mg par jour affectent leur croissance. Les animaux adultes tolèrent plus de 1 g/jour sans effet néfaste, en raison du faible niveau de stockage et de l’efficacité du mécanisme d’élimination rénale.

Ses interactions favorables :

Elle favorise la production des vitamines B9 et B12.

Vitamine B9La vitamine B9 intervient dans l’hématopoïèse (la production des globules rouges) ainsi que dans la synthèse et l’action de certains acides aminés.
Il agit également comme précurseur d’une coenzyme directement impliquée dans la fabrication du matériel génétique (ADN- ARN).
Une petite quantité d’acide folique est indispensable au bon fonctionnement des activités métaboliques. La concentration efficace dépend des taux de vitamine B12, de fer et mais aussi de méthionine et de choline (deux acides aminés essentiels).
Plus les taux en méthionine seront faibles, plus les besoins en vitamine B9 seront importants.

Les chevaux à l’écurie présentent des taux de vitamine B9 plus faibles que ceux qui sont aux pâturages.
La vitamine B9 est présente dans les légumes à feuilles vertes dont les herbes. Les aliments riches en protéines animales ainsi que les tourteaux aux extraits d’huile de graines contiennent les quantités d’acide folique les plus élevées
Un travail intensif, portant sur une période de 6 mois, fait chuter les niveaux de vitamine B9. Les chevaux qui ont des taux plus bas ont plus difficile d’atteindre le même niveau d’endurance et de performance que les autres. L’acide folique a une faible résorption de sorte qu’il est nécessaire de compenser par des doses journalières importantes. Le cheval à l’écurie pourrait alors présenter des taux de vitamine B9 comparables à ceux des animaux en pâture.

Ses interactions favorables :

L’acide folique améliore la biodisponibilité du fer.

Apport journalier :

L’apport journalier recommandé est de 50 à 100mg /500 kilos.

Carence :

Un déficit en acide folique entraîne essentiellement une anémie (manque de globules rouges) qui se caractérise par une taille augmentée de
ceux-ci (anémie macrocytaire).
La chute des taux circulants de vitamine B9 provoque l’apparition de symptômes non spécifiques comme une faiblesse généralisée, la perte d’appétit, la diarrhée et une sensibilité accrue aux agents infectieux.

Excès :

Si la vitamine B9 peut s’assimiler dans des organes comme le foie, les reins et même les muscles, tout excès s’élimine rapidement.
Il n’existe aucune indication relative à des effets nocifs engendrés chez le cheval en cas de surdosage de cette vitamine.

vitamine B12La vitamine B12 complète l’action des vitamines B9 et B8 et son activité est liée au cobalt lors de la synthèse des protéines et le maintien du taux d’hémoglobine (globules rouges) dans le sang.

Il s’agit également d’une vitamine intervenant dans la croissance, le tonus et la lutte contre les allergies.
Elle est fortement conseillée aux chevaux anémiques (manque de globules rouges) car elle intervient dans la fixation du fer. Synthétisée par les bactéries du tube digestif, elle intervient également dans l’élaboration de certains acides aminés dont la méthionine.

La vitamine B12 exerce un effet calmant sur les chevaux effrontés ou simplement excités. Cet état hyperactif peut être parfois associé à un excès de biotine (vitamine H). Dans ce cas, l’administration d’une dose de 1 mg/jour de vitamine B12 va servir d’antidote et corriger la situation.
Les végétaux ne contiennent pas ou très peu de vitamine B12.
Si vous utilisez un aliment complet, dont le taux de cellulose est inférieur à 10 %, un apport en vitamine B12 est nécessaire.

Apport journalier :

La quantité recommandée varie selon les taux de méthionine, de choline, d’acide folique, de thiamine et de biotine.
Les besoins vont également varier en fonction de l’âge et du travail.
La dose recommandée est entre 800 et 1200 mg/500 kilos.

Carence :

Les carences en vitamines B12 engendrent une diminution d’appétit, une anémie ainsi qu’une dégradation de l’état général du cheval, une atrophie de la rate, des glandes surrénales, diminution de l’immunité.

Excès :

On ne lui connaît aucune toxicité ou effet secondaire gênant même en présence de très fortes doses.

Ses interactions favorables :

La vitamine B12 participe au métabolisme du fer.

vitamine-cÀ l’état naturel, la vitamine C se trouve dans les végétaux à chlorophylle, les fruits et le lait.

Elle régularise la respiration cellulaire, les secrétions hormonales (principalement corticosurrénale et de l’hypophyse).

A forte dose, elle intervient dans la myoglobinurie (présence de myoglobine dans les urines suite à une dégradation musculaire), la fourbure, les coups de chaleur, le surmenage.

Les très jeunes poulains produisent trop peu de vitamine C. Ils bénéficieront directement d’un supplément s’ils sont alimentés par voie artificielle (2mg par ml de lait ou de substitut laitier). Le lait des juments contient les quantités nécessaires d’acide ascorbique.

Les chevaux performants, en période active, ont aussi un grand besoin de vitamine C.

La vitamine C joue un rôle capital dans la formation et l’entretien des tissus du squelette. Elle exerce aussi une action stimulante sur les mécanismes immunitaires de défense. La vitamine C assure également une mission importante de transport du fer du plasma vers les sites de stockage.

Apport journalier :

La quantité recommandée est de 1 à 1,5 gr /500 kilos chez les chevaux de haute performance et de 0,5 gr/500 kilos chez les poulinières et les étalons.

Carence :

La carence est appelée scorbut. Cette maladie se manifeste par des gonflements et des saignements des gencives. Il s’accompagne d’un état de faiblesse extrême et de douleurs osseuses.
Les chevaux, en mesure de bio synthétiser la vitamine C, peuvent néanmoins subir les effets d’une déficience en acide ascorbique. C’est le cas des chevaux plus âgés ou en surcharge de travail. La vitamine C est également recommandée chez les chevaux fébriles et/ou en période de convalescence.

Excès :

On ne lui connaît aucune toxicité ou effet secondaire gênant même en présence de très fortes doses. La théorie veut qu’à très fortes doses il puisse survenir l’apparition de pierres aux riens, mais cela n’a jamais été observé chez le cheval.

Ses interactions favorables :

La vitamine C potentialise les effets des vitamines du complexe B, de la vitamine E, du magnésium, du sélénium, de la proline. Elle protège les vitamines du complexe B contre l’oxydation et aide à prévenir la toxicité de la vitamine D. De plus elle améliore l’efficacité de la cystéine et augmente l’absorption du fer, du zinc et du calcium. Elle est, enfin, nécessaire à la synthèse de la carnitine.

Vit DLa vitamine D existe sous deux formes : D2 (ergocalciférol) d’origine végétale (fourrage, foin séché au soleil) et D3 (cholécalciférol).

La vitamine D3 est fabriquée par l’organisme au départ du cholestérol par exposition à la lumière naturelle (rayonnement ultra violet) mais se trouve également dans l’alimentation (lait et l’huile de foie de morue, œuf, champignons sauvages, par exemple).

La vitamine D est à l’origine d’une hormone (la calcitriol) qui joue un rôle fondamental dans la calcification (fixation du calcium par l’organisme – robustesse de l’ossature). Avec la vitamine K2, elle participe à la résorption du calcium et du phosphore au niveau de l’intestin. La vitamine D commande également l’expression de plus de 200 gènes.

Apport journalier :

La quantité de vitamine D est exprimée en UI (Unités Internationales).
1mg de vitamine D = 40.000 UI.
L’apport journalier recommandé est de 5 à 10.000 UI /500 kilos.
Elle peut monter à 60.000 UI chez les chevaux de hautes performances.

Carence :

La carence en vitamines D provoque chez les jeunes chevaux le rachitisme (insuffisance de calcification des os et du cartilage). On parle alors de rachitisme d’avitaminose D.

Excès :

Attention que l’excès de vitamine D (bien plus fréquent que la carence) aggrave les lésions osseuses et la calcification des tissus mous (gros vaisseaux, valvules cardiaques, poumons, reins), ce qui entraine des troubles du rythme cardiaque (tachycardie, intolérance à l’effort) et une soif excessive.

Ses interactions favorables :

La vitamine D stimule l’absorption intestinale du calcium, du magnésium, du phosphore et de la vitamine K. De plus, elle favorise l’utilisation de la vitamine A.

Vitamine ELa vitamine E regroupe un ensemble de 8 molécules biologiques.
Associées au Sélénium, elles agissent essentiellement comme anti oxydant contre les dérivés réactifs de l’oxygène produit par la dégradation des lipides (acides gras). Les vitamines E sont ensuite régénérées par la vitamine C, le glutathion (un composé formé de 3 acides aminés qui joue un rôle important de protection cellulaire) et la coenzyme Q10 (aussi appelée ubiquinone 10) un composé fondamental de la respiration cellulaire.
C’est donc un protecteur de l’organisme tout comme les vitamines A et C.

La vitamine E intervient également pendant la croissance du poulain, le travail musculaire (mécanisme énergétique), le métabolisme des sucres (glucides), la croissance du fœtus, le développement des cellules sexuelles.
Son rôle est très bénéfique sur la respiration cellulaire des tissus musculaires, pulmonaires et cardiaques. Elle prévient les avortements, les troubles nerveux et certaines myopathies (maladies de dégénérescence du tissu musculaire).
A l’état naturel, on la trouve essentiellement dans les germes des céréales et l’herbe jeune. Les huiles végétales sont aussi une bonne source de vitamine E.
L’organisme digestif du cheval ne produit pas de vitamine E.

Apport journalier :

La quantité de vitamine E est exprimée en UI (Unités Internationales).
1mg de vitamine D = 1 UI.
L’apport journalier recommandé est de 50 à 100 UI/500 kilos.

Carence :

Dégénérescences multiples de l’organisme, faiblesse musculaire.

Excès :

Pas de problèmes connus à ce jour même à dose élevée.

Ses interactions favorables :

La vitamine E améliore la biodisponibilité de la vitamine C, du magnésium, du manganèse et de l’inositol. Elle est nécessaire au métabolisme de la vitamine D. Elle protège aussi des acides gras (oméga-3 et oméga-6 contre l’oxydation).

vitamin kOn distingue 3 formes de vitamines K :
– K1 (Phylloquinone) : fabriquée par les plantes (luzerne),
– K2 (Ménaquinone) : synthétisée de façon abondante par les bactéries de la flore intestinale lors de la digestion des végétaux du bol alimentaire,
– K3 (Ménadione) : qui est une forme synthétique de précurseur de la vitamine K active (convertie biochimiquement en vitamine K active dans l’organisme).

Attention : les fourrages moisis peuvent provoquer une carence aiguë.
Veiller à l’apport de cette vitamine lors de traitements avec des antibiotiques.

La vitamine K est indispensable à la formation de prothrombine sanguine (une protéine appelée également facteur II intervenant directement dans la coagulation). Elle permet donc la coagulation sanguine.

Elle intervient également dans les métabolismes osseux et vasculaire.
Malheureusement, elle est inefficace contre les saignements de nez (épistaxis).

Apport journalier :

L’apport journalier recommandé est de 1 mg/500 kilos.

Carence :

Dans des conditions normales, le cheval n’a pas de carence.
Par contre, les fourrages moisis contiennent des éléments jouant un rôle anti-vitamine K.
Une carence occasionne des saignements mais aussi des troubles artériels et osseux.

Excès :

L’excès de vitamine K est très toxique pour les reins.
Les principaux signes cliniques associés à une intoxication chez le cheval sont : les coliques néphrétiques, le sang dans l’urine ou les perturbations électrolytiques.

Les Minéraux

Les minéraux sont des éléments naturels primordiaux pour les fonctions métaboliques, car ils agissent comme constituants structurels, activateurs des réactions biologiques, régulateurs des échanges cellulaires.

On distingue les éléments principaux ou macroéléments, nécessaires en grandes quantités exprimées en grammes (Calcium, Phosphore, Magnésium, Sodium, Chlorure, Potassium, Soufre) et les éléments traces ou oligo-éléments, essentiels mais en quantités très faibles exprimées en milligrammes ou en ppm (1 ppm = une partie par million = 1 mg/kg) : Fer, Cuivre, Zinc, Manganèse, Cobalt, Sélénium, Iode, Fluor.

Les besoins des chevaux en minéraux varient en fonction de leur stade physiologique (croissance, gestation, lactation) et du travail.

Trop ou trop peu, peut être dangereux.

CalciumUn cheval adulte de 500 kilos est constitué de 7 kilos de calcium et 4 kilos de phosphore, soit un rapport calcium/phosphore de 1,75 : 1.
La relation calcium/phosphore est connue et est très importante.
Un déséquilibre important ou prolongé de ce rapport calcium/phosphore engendrera des effets néfastes sur l’ossature.
En effet, la balance entre ces deux éléments conditionne directement la qualité du squelette, que l’animal soit jeune, adulte ou vieux.
Ce rapport calcium/phosphore est souvent assez déséquilibré…et pas toujours dans le même sens. Le connaître permet donc de choisir les minéraux à apporter en complément de la ration. Cet apport doit se faire en permanence, et non en « cures » car il fait partie de l’alimentation normale.

En pratique, si le cheval est à l’herbe ou nourri avec du foin, il faut lui apporter un aliment minéral qui apporte principalement du phosphore sous forme généralement de phosphates calciques.
Il convient également d’apporter aussi les oligo-éléments déficitaires dans les fourrages (surtout zinc et cuivre).

Si le cheval a une activité sportive et qu’il reçoit une ration contenant une part importante de céréales (en plus du foin), il faudra se tourner vers un complément minéral assez riche en calcium (carbonates).
On enregistre des variations des rapports calcium/phosphore comprises entre 2,1:1 et 1,2 :1.
Avec l’âge, ce rapport évolue pour atteindre 1,4:1 à 1,5:1.

Il semble que le sodium, le potassium et le magnésium puissent également exercer une certaine influence.

L’optimum du rapport calcium/phosphore est de 1,5 :1 pour un cheval à l’entretien (ou travail léger). Il est de 1,8 :1 pour une jument en reproduction, un jeune en croissance ou pour un cheval au travail.
Il est intéressant également de noter que ce rapport est en moyenne de 2,3:1 au sein du sabot.

Le calcium est le constituant principal des os. Il participe directement, avec la vitamine D, à l’élaboration et au maintient de l’ossature.
Des carences d’autres nutriments essentiels peuvent aussi affecter la solidité des os. On peut citer le zinc, le manganèse, la niacine (vitamine B3, la choline et la biotine (Vitamine B8).
Enfin, le calcium est aussi un élément indispensable lors des efforts musculaires.
La digestibilité du calcium se situe autour de 70%. Toutefois elle est plus faible si le calcium est apporté sous forme d’oxalate (luzerne).

Apport journalier recommandé :

Un cheval de selle de 500 kg à l’entretien a un besoin journalier de 25 à 30 grammes de Ca.

Excès :

Épaississement et densité excessive des os avec formation possible de suros à l’intérieur des cavités osseuses. L’excès de calcium provoque des carences en magnésium, cuivre, zinc et fer.
Les excès de calcium sont moins préoccupants que les excès de phosphore pour autant que le rapport Ca/ P soit inférieur à 3 :1.

CobaltEn règle générale, les besoins de cobalt sont couverts par l’alimentation.
Le cobalt entre dans la composition de la vitamine B12. Il en permet la synthèse via la microflore du tube digestif. Le cheval semble toutefois plus résistant aux carences de cobalt que les ruminants.
Le cobalt est antianémique car il agit via la vitamine B12 sur les cellules sanguines (globules rouges).

Besoins journaliers :

0,5 milligramme pour un cheval de selle de 500 kg à l’entretien.

Carence :

Les carences sont rares. Attention aux excès de calcium.
Retard ou disparition des chaleurs chez la jument, défaut de fécondation.
Troubles tendineux, osseux, articulaires et de la croissance.

Excès :

Le seuil de toxicité se situe entre 80 et 100 milligrammes soit 200 fois les besoins journaliers.

cuivre1Le cuivre est un facteur antianémique, comme le fer et le cobalt ainsi que la vitamine B12.

Le cuivre participe à la myéline, la gaine protectrice des tissus nerveux.
Il favorise également la synthèse de la mélanine, le pigment qui donne la coloration des phanères, des poils et de la corne.

En bon équilibre avec le zinc, il améliore la qualité de la corne des sabots. Il intervient dans l’élaboration de l’élastine, une protéine voisine du collagène dont dépend l’élasticité des gros vaisseaux sanguins et des tendons.
Il stimule le développement et la résistance des os (fractures).
Il évite l’apparition d’excroissance cartilagineuse au niveau des boulets et des jarrets et l’épaississement des cartilages articulaires à l’origine des défauts d’aplomb et des boiteries.
Il intervient directement dans la vascularisation des os.

C’est donc un agent intéressant afin de réduire les risques d’ostéochondrose qui menacent les poulains à croissance rapide. L’ostéochondrose est favorisée également par une suralimentation énergétique.
Les excès de calcium, de zinc, de fer, de vitamines A et D tendraient à aggraver les lésions des cartilages en bloquant les actions du cuivre.

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Besoins journaliers :

Entre 150 et 250 milligrammes pour un cheval de selle de 500 kg à l’entretien.
Les apports en cuivre doivent être en équilibre avec ceux en zinc : le rapport cuivre/zinc doit être d’environ 0,25.
Le cuivre peut être déficient à la suite d’excès de zinc ou d’autres minéraux : l’animal présente alors une carence malgré des apports satisfaisants.

Carence :

La carence n’est pas rare, surtout chez des chevaux nourris essentiellement avec du foin.
La teneur en cuivre du fourrage varie assez fort dans un intervalle allant de 3 à 8 milligrammes par kilo de matière sèche. La plupart des ressources fourragères étant carencées en cuivre.
Elle se manifeste par des défauts de croissance voire de l’anorexie, un déficit immunitaire, une dégénérescence de la peau (abcès, chute de poils, pigmentation), des sabots, des difficultés de fécondation, des malformations, des troubles cardiaques, pulmonaires, locomoteurs ainsi que par une fragilité osseuse.

Excès :

Le seuil de toxicité se situe vers 6 à 8 grammes soit 25 à 30 fois les besoins journaliers.
Il nuit à l’assimilation du zinc et du sélénium et provoque notamment des faiblesses de la qualité des sabots et des os.

Fer33 grammes de fer sont présents en moyenne chez un cheval de 500 kilos. 60% de celui-ci se retrouvent dans l’hémoglobine, 20% dans la myoglobine et le reste intervient dans diverses réactions biologiques (enzymes).

Le fer joue un rôle fondamental lors de la formation de l’hémoglobine.
L’hémoglobine transporte l’oxygène aux poumons vers l’ensemble du corps et rapporte le dioxyde de carbone aux poumons. Tous les globules rouges et leur hémoglobine sont continuellement détruits et renouvelés.
Bien que la moelle rouge des os constitue une réserve de fer, un apport quotidien est nécessaire et indispensable.

Quant à la myoglobine, elle est le transporteur intracellulaire principal de l’oxygène dans les tissus musculaires et stocke l’oxygène dans les muscles.

Le fer est présent dans le son de blé (160 mg/kilo), le millet (90 mg/kilo) et l’avoine (42 mg/kilo).

Besoins journaliers :

Entre 0,5 et 1 gramme pour un cheval de selle de 500 kg à l’entretien.

Carence :

La carence est très rare de part le régime alimentaire herbivore du cheval donc riche en fer.
Toutefois celle-ci provoque l’anémie, une diminution de la concentration en hémoglobine ce qui entraine un mauvais transport de l’oxygène dans le sang.
Symptômes : perte de poids, manque d’appétit, fatigue importante, fatigue musculaire, tachycardie cardiaque, difficultés respiratoires.

Excès :

Le seuil de toxicité se situe vers 10 grammes soit 10 à 20 fois les besoins journaliers. Cela engendre de graves dégénérescences hépatiques.

L’excès de fer gène l’assimilation du cuivre et du zinc au détriment de la solidité osseuse mais aussi des sabots, de la production d’hémoglobine (d’où l’apparition d’anémie paradoxale !), de l’élasticité des vaisseaux sanguins ou des tendons.
Il s’accompagne également d’un appauvrissement en vitamine E ce qui prédispose aux lésions musculaires.
Il peut aussi occasionner une baisse de l’immunité de part la carence en zinc et de la vitamine E, ce qui favorise les complications infectieuses.

fluorLe fluor est surtout réputé pour sa toxicité.

La fluorose s’installe lors d’une consommation de fluor supérieure à 50 milligrammes par kilos d’aliment ou 1 milligramme par kilo de poids vif.

L’intoxication peut survenir dans les régions à minerais de phosphates ou lors de l’utilisation de phosphates naturels non dé-fluorés comme complément minéral, des pâturages contaminés par des fumées d’usines traitant des phosphate mais aussi par la bauxite lors de la production d’aluminium.

Toutefois un minimum de fluor est nécessaire à l’élaboration de l’émail des dents ainsi que l’ostéoporose des chevaux vieillissants.

Besoins journaliers :

1 à 2 milligrammes pour un cheval de selle de 500 kg à l’entretien.

Carence :

Problèmes dentaires et osseux.

Excès :

Le seuil de toxicité se situe vers 500 milligrammes soit plus 100 fois les besoins journaliers.
Raideur de la démarche, boiterie, déformations et lésions osseuses, sensibilité aux fractures, lésions dentaires.

IodeLes fourrages, les tourteaux et les graines contiennent en moyenne entre 0,1 et 0,4 milligramme d’iode, les graines entre 0,02 et 0,06 milligramme.

Les sols proches de la mer (jusqu’à 50 kilomètres) sont enrichis par l’iode atmosphérique présent dans l’eau de pluie.
Les concentrations les plus élevées se situent dans les îles océaniques, les régions côtières du Pacifique Sud ainsi que dans les mines de salpêtre du Chili.

L’eau en moyenne ne contient que 10% des besoins journaliers en iode.
L’iode est principalement absorbé au niveau du gros intestin à raison de 90% chez le cheval.

L’iode est un élément important de la glande tyroïde qui produit deux hormones impliquées directement dans le métabolisme énergétique.
L’iode participe également à l’édification de la trame osseuse via les hormones thyroïdiennes.

Contrairement aux autres espèces, le cheval est d’une grande sensibilité aux excès d’iode (10 à 100 fois plus sensible).

Les besoins en iode évoluent parallèlement aux secrétions de la glande thyroïde mais aussi lors de la lutte contre le froid.

Le canola, le colza, le chou et dans une moindre mesure le soja sont des antithyroïdiens. Une supplémentation bien dosée peut être alors recommandée ainsi que chez les juments reproductrices pendant la gestation et la lactation.

Besoins journaliers :

3 à 4 milligrammes pour un cheval de selle de 500 kg à l’entretien.

Carence :

Goitre hypothyroïdien (élargissement de la glande thyroïde), troubles osseux, énergétique, fatigue.
Au Canada et aux Etats-Unis, la majorité des sols (sauf ceux exposés à la mer) sont déficients en iode ce qui exposent les chevaux au goitre.
Les chevaux âgés sont moins exposés.
Les poulains naissant et dont la jument a été privée ou excessivement nourrie d’iode sont plus à risque.
Le calcium en quantité très élevée interfère avec la résorption de l’iode.

Excès :

Le seuil de toxicité se situe vers 50 milligrammes soit plus 10 fois les besoins journaliers.
Goitre hypothyroïdien, troubles énergétiques, déformations des membres.

MagnesiumLe magnésium est très bien digéré chez les chevaux à raison de 60% pour les fourrages et 50% avec les concentrés.

60 à 70% du magnésium total se trouvent dans les os, le reste étant réparti dans les fluides et tissus conjonctifs.

Le magnésium intervient dans la tonicité neuromusculaire ainsi que dans l’assimilation du calcium et du phosphore.

Le magnésium joue aussi un rôle important lors de la formation des os et des dents mais également pendant la transmission de l’impulsion nerveuse, lors de la synthèse des hormones et de l’ADN, pendant la reproduction ainsi que dans le métabolisme énergétique. C’est un cofacteur des vitamines B et C.

L’élévation de la teneur en phosphore diminue la résorption du magnésium. Par contre, l’élévation de la teneur de la ration en magnésium augmente la digestibilité réelle du calcium sans modifier celle du phosphore, ce qui entraine une modification du rapport phosphocalcique.

Carence :

Les carences en magnésium sont rares, les besoins étant le plus souvent largement couverts par l’alimentation notamment les fourrages à l’exception de l’herbe jeune.
Une carence provoque de la nervosité, des crampes et une transpiration excessive.

Apport journalier recommandé :

Un cheval de selle de 500 kg à l’entretien a un besoin journalier de 7 à 11 gr de magnésium.

manganeseLe manganèse est indispensable au développement osseux et à la fertilité. La carence est extrêmement rare chez le cheval.

La teneur en manganèse du fourrage varie dans un intervalle allant de 30 à 45 milligrammes par kilo de matière sèche et couvre habituellement les besoins journaliers.

Toutefois une absorption intestinale peut être entravée par l’excès de calcium, notamment en région calcaire mais aussi avec des fourrages de légumineuses ou de pulpes de betteraves (comme le zinc).
Dans ces cas, on conseille une supplémentation de 50 milligrammes de manganèse.

Chez le poulain, la carence retarde l’ossification et l’épaississement des articulations, des suros, du boulet et du jarret.

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Besoins journaliers :

Entre 400 et 500 milligrammes pour un cheval de selle de 500 kg à l’entretien.

Carence :

Les carences sont rares. Attention au excès de calcium.
Retard ou disparition des chaleurs chez la jument, défaut de fécondation.
Troubles tendineux, osseux, articulaires et de la croissance.

Excès :

Le seuil de toxicité se situe vers 10 grammes soit 10 fois les besoins journaliers.
Un excès important perturbe le métabolisme du fer.

PhosphoreLe phosphore est directement impliqué dans la formation et le maintien de l’ossature et des dents.

Il joue également plusieurs rôles fonctionnels.
Il intervient directement, tout comme le calcium, dans l’équilibre acide-base du tube digestif.

Le phosphore est également un cofacteur de plusieurs hormones et des vitamines B. Il intervient dans le transport des graisses, la division des cellules ainsi que dans la régularisation énergétique.

Une carence en phosphore, tout comme les carences en calcium et en vitamine D, provoque le rachitisme (une déformation du squelette), ainsi qu’une absorption moindre de fourrage.

L’acide phytique est le constituant phosphoré le plus abondant des végétaux ; il est localisé exclusivement dans les graines (il représente parfois de 80 à 90 % du phosphore organique) et dans certains tubercules.
Le phosphore phytique se trouve en quantité abondante dans le son et le blé. La digestibilité du phosphore phytique est de 30% alors que la digestibilité du phosphore sous les formes bi-calcique ou sodique est de 60%.

Des excès de phosphore conduisent à une fragilisation des os.
Alors que le calcium est résorbé au niveau de l’intestin grêle, le phosphore est essentiellement résorbé par le gros intestin sous l’action de la micro flore intestinale.

Apport journalier recommandé :

Un cheval de selle de 500 kg à l’entretien a un besoin journalier de 14 à 20 grammes de phosphore.

Excès :

Les excès de phosphore se manifestent lorsqu’on utilise des rations riches en céréales.

Un apport important diminue l’absorption et la rétention du calcium, ce qui occasionne une déminéralisation osseuse, une fragilité du squelette, des suros, ostéofibrose (maladie du son, maladie des ânes des meuniers ou maladie de la grosse tête). Ce même excès de phosphore inhibe également l’assimilation du magnésium et de divers oligoéléments (le zinc notamment) mais aussi du cuivre et du fer.
Pour rappel, l’optimum du rapport calcium/phosphore est de 1,5 :1.

PotassiumLe potassium agit en collaboration avec le sodium. Tous deux sont chargés de maintenir l’équilibre acido-basique du corps et des fluides.

Le potassium, seul, permet la transmission d’impulsions nerveuses, la contraction musculaire (la moitié du potassium s’y retrouve), le bon fonctionnement de la fonction rénale.
Ce minéral occupe une place importante au sein de l’organisme. Il fait partie du système enzymatique impliqué dans le métabolisme énergétique (glucide y compris), transport sanguin de l’oxygène et du gaz carbonique ainsi que dans la synthèse des protéines.

On peut estimer que les besoins en potassium sont satisfaits avec une ration usuelle comportant au moins 50 % de fourrages.
En effet, les fourrages sont riches en potassium : 21 gr/kg pour de l’herbe déshydratée, 22,8 gr/kg s’il s’agit de luzerne.

Les valeurs moyennes en potassium sont de 10 gr/kg chez les graines de légumineuses, de 12,3 gr/kg pour le son de blé, de 10,3 gr/kg dans les tourteaux en général mais de 21,1 gr/kg pour le soja et de 39,6 gr/kg pour la mélasse.

Apport journalier recommandé :

Un cheval de 500 kg à l’entretien a besoin de 25 gr/jour de potassium. Ce besoin peut s’élever jusqu’à 40 grammes par jour pour un travail intense.

Carence :

Bien que très rare, la carence provoque un taux de croissance ralenti, une perte de poids, une rigidité puis paralysie musculaire, une dégénérescence des organes et des troublent du rythme cardiaque.

Excès :

Des quantités trop importantes vont provoquer l’excrétion (l’élimination) par les voies urinaires du sodium et vice-versa. Un excès va nuire à l’assimilation du magnésium.

selenium Le sélénium est un puissant antioxydant biologique. Son action biologique converge avec celle de la vitamine E et doit être proportionnelle à la richesse alimentaire en acides gras polyinsaturés (Oméga 3-6-9) des huiles végétales. Ces dernières constituent la majeure partie des membranes cellulaires et elles sont très sensibles à l’oxydation.

Le sélénium, avec la vitamine E, protège les cellules et notamment les globules rouges face aux risques d’hémolyses (destruction des globules rouges avec libération de l’hémoglobine dans le plasma).
Le sélénium est un composant de l’enzyme qui désintoxique les membranes cellulaires.
Le sélénium et la vitamine E préviennent les microhémorragies et les oedèmes des muscles, du foie, du pancréas.

Le sélénium contribue également à réduire les risques de claquage musculaire (coup de sang-rhabdomyolise).

Il intervient aussi dans les processus hormonaux liés à l’ossification, l’immunité et la reproduction.

Les besoins en sélénium sont de l’ordre de 0,1 à 0,2 milligramme en admettant que la ration contienne suffisamment de vitamine E et d’autres antioxydants par rapport à sa teneur en acides gras polyinsaturés.

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Les carences sont provoquées par un fourrage issu des sols primaires et peuvent être amplifiées par un excès de soufre (pulpe de betterave trop pressés) ou par un excès de cuivre.

La concentration en sélénium des sols de l’est du Canada et de plusieurs états des Etats-Unis est basse en sélénium. Les plantes de ces sols en contiennent moins de 0,05 milligramme alors qu’on estime qu’un niveau adéquat est de 0,1 milligramme soit plus du double.
Des chevaux nourris au foin de pâturages avec ou sans grains et non supplémentés en sélénium risques une carence.

Par contre, au sud ouest des Etats-Unis, des plantes peuvent en contenir jusqu’à 50 milligrammes !
Il est impératif dans ces conditions de ne surtout pas supplémenter en sélénium et de varier l’origine de l’alimentation car les risques d’intoxication sont bien réels.

Besoins journaliers :

0,2 à 0,3 milligramme pour un cheval de selle de 500 kg à l’entretien.

Carence :

Myopathie aigue chez les chevaux de tout âge (dégénérescence musculaire sévère) qui peut-être remédiée dans la plupart des cas par une injection de vitamine E et de sélénium. Dystrophie musculaire (faiblesse progressive des muscles squelettiques), problèmes de reproduction chez la jument et l’étalon. Goitre hypothyroïdien.

Excès :

Le seuil de toxicité se situe vers 3 milligrammes soit 10 fois les besoins journaliers.
Perte de poids, sabots craquants, érosions des os longs, perte de poils de la crinière et de la queue.
Dans les cas extrême, le cheval devient aveugle, le taux de respiration et la vitesse des battements cardiaques augmentent et s’accompagnent en plus de diarrhées et de coliques.

Des cas de mortalité par empoisonnement au sélénium ont été recensés en Angleterre dans les années 90 du à un fourrage extrêmement riche en sélénium complété par un ajout de sel de sélénium dans la ration.

sodiumLe chlorure de sodium (sel de cuisine) est composé de deux éléments (électrolytes ou ions), le chlore et le sodium, qui agissent en harmonie ou séparément afin d’assurer l’équilibre osmotique et ionique des cellules et de résister aux modifications d’acidité.
L’équilibre osmotique est l’ajustement de concentration en ions de part et d’autre d’une membrane cellulaire. Si cet équilibre est rompu, la cellule meurt.
On estime que 50% du sodium est présent dans les os mais qu’il ne peut être libéré en cas de besoin. Une grande proportion se trouve aussi dans les muscles.
Le lait de la jument contient également beaucoup de sel.
Le chlorure de sodium joue un rôle important dans les fonctions métaboliques en rentrant dans la composition de certains acides organiques qui participent à la digestion des sucres, des graisses et des aliments dans l’estomac.
Le sodium a aussi une action fondamentale lors la contraction musculaire.
L’apport alimentaire est généralement trop juste, car le chlorure de sodium disparaît en grande quantité avec la transpiration.
Les besoins augmentent donc très rapidement avec le travail et la température. L’apport de chlorure de sodium chez les chevaux qui travaillent doit être contrôlé car leurs besoins sont 2 à 3 fois plus élevés que ceux des chevaux à l’entretien.
En cas de forte transpiration, en particulier à l’occasion d’un travail important par forte température, un apport supplémentaire, sous forme de préparation médicale buccale ou de sel de mer non affiné en bloc (pierre à sel) ou en granulés, peut s’avérer nécessaire.

Apport journalier recommandé :

Il est fixé à 25 à 30 grammes pour un cheval d’environ 500 kg à l’entretien (15 à 45 grammes par jour selon l’âge et le stade physiologique) et jusqu’à 70 grammes au travail.

Carence :

Elle se traduit par une perte d’appétit, le léchage du box par compensation et par un poil hérissé. La croissance est ralentie ainsi que la production de lait. Les os se fragilisent et dans des situations extrêmes, le cheval perd la coordination de ses mouvements.

Excès :

Le sel n’est pas toxique, mais la dose mortelle se situe entre 500g et 1kg par jour.
La dose maximale est fixée à 1 % du poids total de la ration afin d’éviter les indigestions.

soufreLe soufre est un des constituants importants des trois acides aminés (la cystéine, la cystine et la méthionine) ainsi que de deux vitamines (la biotine et la B1).

Le soufre est aussi un composant essentiel de la kératine. En effet, la kératine est constituée d’une grande proportion de cystine dérivée de la cystéine. Sans apport de soufre par l’alimentation, la croissance du sabot, ainsi que des poils et des crins, serait fragilisée. Il faut donc être attentif à la qualité des protéines de la ration.

Mais le soufre intervient aussi dans diverses fonctions vitales en tant qu’agent régulateur des sécrétions hépatobiliaires (la bile), stimulateur de la respiration cellulaire, neutralisant les toxines et favorisant leur élimination, antiallergique et désensibilisant.
C’est un composant fondamental à la synthèse des protéines. Il est présent dans bon nombre d’entre elles comme l’insuline, mais aussi au sein des tissus conjonctifs, des cartilages, des tendons, des os et des dents.

Besoins journaliers :

Entre 10 à 15 grammes pour un cheval de selle de 500 kg à l’entretien.

A la différence des ruminants, le cheval n’a pas de besoin précis en soufre mais l’apport doit se faire au quotidien via les protéines ainsi que les acides aminés soufrés. En présence de zinc, de cuivre, de vitamine A et H (biotine), ces acides aminés participent à la synthèse de la kératine.

Excès :

L’excès de soufre que l’on peut retrouver dans certaines pulpes pressées ou déshydratées de betterave entrave l’assimilation du cuivre et du sélénium.

ZincLe zinc est nécessaire à l’ossification. Il protège des troubles ostéo-articulaires comme l’enflure des jarrets et des boulets. Il est très utile pendant la croissance, la reproduction et aussi pour le système immunitaire.

Le zinc conditionne la production d’une corne d’excellente qualité, en synergie avec le cuivre ainsi que les vitamines A et D.

Une alimentation riche en calcium et en phosphore peut augmenter les besoins en zinc.

Le zinc participe également à l’élaboration de la myéline (gaine de protection nerveuse), des poils, de la corne, des protéines osseuses, de la formation du collagène et de la bonne vascularisation des cartilages.
Enfin, le zinc est indispensable à la qualité de la peau.

Besoins journaliers :

Entre 600 et 800 milligrammes pour un cheval de selle de 500 kg à l’entretien.
Les apports en zinc doivent être en équilibre avec ceux en cuivre : le rapport cuivre/zinc doit être d’environ 0,25.
Le zinc peut être déficient à la suite d’un apport excessif de cuivre ou d’autres minéraux : l’animal présente alors une carence malgré des apports satisfaisants.

Carence :

La carence n’est pas rare, surtout chez des chevaux nourris essentiellement avec du fourrage. La teneur en zinc du fourrage varie assez fort dans un intervalle allant de 15 à 48 milligrammes par kilo de matière sèche.
La plupart des ressources fourragères (foin) sont pauvres en zinc.

Elle se manifeste par des défauts de croissance voire de l’anorexie, un déficit immunitaire, une dégénérescence de la peau, chute des poils, des difficultés de fécondation, des malformations.

Excès :

Le seuil de toxicité se situe vers 5 à 8 grammes soit 5 à 10 fois les besoins journaliers.
Il nuit à l’assimilation du cuivre et provoque notamment des faiblesses de la qualité des sabots et de l’anémie ainsi que de l’ostéochondrose chez le poulain.